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27.07.2007
Le Bien Commun au XXIe siècle, ou Comment défendre des valeurs non cotées en Bourse
Ce matin, au petit déjeuner, j’ai failli recracher mes céréales en apercevant, en troisième page de mon quotidien régional, la photographie d’une Rama Yade tout sourire serrant chaleureusement la main au sinistre Kadhafi en présence de MM. Sarkozy, Bockel et Guéant, le ministre des affaires étrangères (Bernard Kouchner, pas Cécilia) étant relégué à un arrière-plan obstrué.

Je ne savais pas que les Droits de l’Homme avaient été dévalués au point de voir leur secrétaire d’Etat cautionner une des pires dictatures africaines, enjambant ainsi gracieusement les 170 cadavres des victimes de l’attentat du DC 10 de l’UTA (1989) dans l’hypothétique espoir d’obtenir pour la France de juteux contrats.
Car, si le président français a affirmé que la libération des infirmières bulgares n’avait pas coûté un centime, c’est qu’il a certainement retranché le montant réel de la rançon (qui, si elle n'est que morale, n'en est pas moins exorbitante) des bénéfices escomptés de la collaboration de nos grandes entreprises avec l’oléocratie libyenne.
Certains d’entre nous ont sincèrement reconnu à la politique menée par M. Sarkozy un certain pragmatisme. Mais, dans ce cas, la limite entre le pragmatisme et le cynisme est clairement transgressée.
Nos bons concitoyens, satisfaits à 66 % du choix de 53 % d’entre eux, n’en prendront cependant pas ombrage : ceux qui ne sont pas en train de bronzer sur une plage tunisienne – autre pays que Rama Yade devrait apprécier pour sa politique très « droit-de-l'hommiste » - s’émeuvent devant leur dieu cathodique des touchantes retrouvailles bulgares scénarisées par notre omniprésident en se convainquant que, décidément, « tout est devenu possible ».
Les démocrates, tout aussi convaincus de ce dernier axiome mais avec une interprétation un peu moins partielle et – disons le franchement - plus critique, sont au même moment en train de réfléchir aux valeurs qui devront guider leur action.
En effet, lors du bureau politique national du 12 juillet dernier (que nous avions évoqué dans une précédente note), François Bayrou a estimé « qu’il était indispensable de se démarquer de Nicolas Sarkozy, qui cherche à concentrer tous les pouvoirs, qui ne tient pas ses engagements sur la réduction de la dette publique et qui prend des mesures visant à réconcilier la France avec l’argent » [1].
M. Bayrou, qui a récemment joint l’acte à la parole, en dénonçant à la tribune de l’Assemblée les cadeaux fiscaux concédés aux plus riches au détriment de l’équilibre budgétaire et de la cohésion sociale, voit en effet le MoDem naissant comme un « contrepoids au Sarkozysme ».
Il a ainsi appelé les démocrates a définir une Charte des Valeurs en une page et dix points.
Ce document, dont la force et la richesse futures sont annoncées par l’effervescence actuelle des blogueurs, devra s’articuler autour d’une vieille notion, fondamentale dans toute action politique digne de ce nom, celle du « Bien Commun », notion dans laquelle la nécessaire prédominance de l’intérêt collectif sur les intérêts particuliers doit s’articuler avec des valeurs humanistes qui se proposent de défendre également ceux qui, politiquement ou socialement, n’appartiennent pas à la majorité ambiante.
Dans cet esprit, j’ai beaucoup apprécié la contribution de Michel Hinard, dont la proposition de Charte me semble définir une ligne de conduite claire et ambitieuse pour affronter les défis actuels.
Malgré quelques détails qui me semblent discutables sur la forme (la notion de « grande Europe » doit être comprise comme l’évocation d’une Europe « forte » et non comme un appel à une Union indéfiniment étendue) comme sur le fond (certains points me semblent empiéter sur la « Charte d’Ethique » dont l’élaboration a été évoquée par M. Bayrou lors de cette même réunion), je vous recommande vivement la lecture de ces quelques lignes qui, au moment où tout semble négociable et monnayable (du moins pour ceux qui en ont les moyens), restituent son sens profond au mot « valeur ».
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Commentaires
Ce qui est le plus insupportable chez Nicolas Sarkozy, c'est cet obsession du "paraître". Il est prêt à tout pour se faire valoir, y compris de mettre en péril la crédilibité de notre pays. C'est quand même inquiétant pour l'avenir. Et dire qu'il y en a encore pour 4 ans et demi!
Ecrit par : Escatafal | 02.08.2007
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